Drôle de façon de commencer un blog mais ce que je vais vous raconter là est ce qui me caractérise le plus, ce qui a modifié ma vie, ma façon de voir et de vivre les choses.
J'ai décidé de l'écrire dans un bloc permanent pour rendre un dernier hommage à Lukas, vraisemblablement l'homme de ma vie, décédé sous les coups de nos agresseurs.

J'ai rencontré Lukas le 5 octobre 1999, nous avions tous deux 16 ans. C'était mon premier amour. Nous étions étudiants dans deux villes différentes, personne ne connaissait notre liaison. On ne se voyait alors que le week-end et pendant les vacances, en cachette. C'était peu mais cela rendait nos moments passés ensemble tellement intenses.
J'étais heureux, je ne pensais pas auparavant que l'on pouvait être si heureux, presque trop heureux. On se sentait forts, enfin ! On se sentait invulnérables, on pensait que rien ne pouvait nous arrêter, que nos vies étaient comme deux fils enlâcés que personne ne saurait séparer ...

Lukas militait depuis longtemps pour que l'on ait les mêmes droits que tout le monde, il voulait que je milite avec lui, mais j'ai toujours refusé. Je trouvais ça trop dangereux de s'exposer ainsi, de provoquer parfois. J'essayais de le convaincre, en vain. J'aurais dû insister davantage, moi qui suis aujoud'hui un anti-militantiste acharné. Ma devise : "pour vivre heureux, vivons cachés". Il ne l'entendait pas ainsi, il me reprochait souvent de ne pas vouloir lui tenir la main dans la rue, de ne pas l'embrasser en public.

C'est le soir du 16 novembre 2002 que tout s'est écroulé, nous étions ensemble depuis trois ans. On sortait d'un restaurant parisien quand on a croisé nos agresseurs. Ils connaissaient Lukas, lui ne les connaissaient pas. Et là, tout va très vite : des coups de poings, des coups de pieds, des "alors les tarlouzes, on rigole moins !", des "vous voulez les mêmes droits que nous, eh beh les v'là vos droits à vous", des "P.D, t'aime ça, hein ! Et ça se dit être des hommes !" Mais le pire, ce ne sont pas les coups, ce ne sont pas les mots, ce sont les regards, des regards de haine, comme possédés, qui vous persuadent que rien ne les arrêtera, qu'ils iront jusqu'au bout, jusqu'à votre dernier souffle.
Et puis plus rien : nos agresseurs qui partent en courant, les quelques passants qui s'enfuient, personne n'est venu à notre secours, personne, pas même après leur départ. Juste nous deux, gisant sur les pavés, à cinq mètres l'un de l'autre. Je me suis alors traîné jusqu'à lui, je saurai quelques heures plus tard que j'avais sept côtes cassées, mais à cet instant ma seule préoccupation est de le rejoindre.
Ce que je ne savais pas à ce moment là, c'est qu'il faisait une hémorragie interne, qu'il était en train de partir. Lui le savait sans doute.
Il m'a demandé pardon, s'est excusé de ne pas avoir voulu m'écouter. Il m'a remercié de l'avoir rendu heureux, il souriait. Il m'a fait promettre de refaire ma vie. Il m'a donné un baiser, je le serrais du plus que je pouvais, il m'a regardé longuement, tendrement, les yeux pleins de larmes. Il m'a dit : "Damien, j'ai peur !" et puis s'en est allé.
Il est mort dans mes bras.
Chaque soir, lorsque j'éteinds la lumière, ses derniers mots résonnent dans ma tête. Même ça je n'en ai pas été capable, pas capable de le réconforter, de le rassurer ...

Je pensais que mon amour pour lui se diluerait avec le temps, mais il ne fait que de se renforcer, il a ouvert une porte en moi que je n'arrive pas à refermer. J'aimerais avoir le courage de le rejoindre, là-bas nous laisserait-on peut-être en paix, mais j'aime trop la vie. J'ai toujours l'espoir qu'un homme parvienne à me rendre de nouveau heureux, je l'ai promis à Lukas. Mais il est encore trop tôt, je ne peux pas.
Si je vous raconte tout ça, c'est pour que vous soyez vigilants, que rien est acquis. Les moeurs changent, mais plus elles changent et plus on recule. Ces individus sont toujours en liberté ... Je ne vous demande pas non plus de rester cloîtrés, il faut vivre, mais prudence, pas de risques inutiles, c'est trop cher payé.

Lukas, je t'aime de tout mon coeur. Je ne sais pas si j'arriverai à respecter ma promesse. Pardonne-moi.

13/03/2006

commentaires

13/03/06 - 18:43

Un post vide ou c'est mon browser qui déconne ?

14/03/06 - 10:20

sobre...

14/03/06 - 23:00

il y a milles et une façon de se tenir par la main...courage

16/03/06 - 10:29

Rien à ajouter...., si ce n'est que à 10h13 du matin , l'émotion ma submerger.....

16/03/06 - 18:48

desoler si tu trouve plusieurs fois le même message ,mais j'ai rencontrer une dificcultée sur mon ordi ce matiin ,il n'envoyer pas le texte ...alors j'ai du "cliquer" plusieur fois....ENCORE SICEREMENT DESOLER....AMICALEMENT

17/03/06 - 13:53

Sacrément courageux d'avoir raconter ce passage de ta vie aux yeux des autres. Enfin c'est compréhensible, pour avancer, il faut "évacuer". Courage

18/03/06 - 00:05

Je trouve ce texte bouleversant et merveilleusement bien écrit: concis, sobre, vrai. Il réunit les paradoxes qui donnent à la vie la peine d'être vécue: Amour et Haine, Bonheur et Souffrance, Espoir et Fatalité, Courage et Lâcheté...
Ce témoignage possède en outre l'avantage de mettre en garde contre une société navrante, dans laquelle il ne faut malheureusement jamais se sentir "trop" à l'aise, sous peine de vivre une tragédie comme celle-ci.
Pour reprendre les mots de Benf, Alidada est "sacrément courageux", surtout lorsque l'on sait qu'il a affronté ce drame seul pendant 3 ans et demi afin d'épargner sa famille! J'oscille entre "respect" et "admiration"!!!
Je me sens honteuse et accablée de ne rien avoir remarqué, malgré la complicité qui nous unit.

Lukas, j'aurais aimé te connaître... je suis sûre que je t'aurais adoré! Tu devais être quelqu'un pour que je sois en deuil bien que je n'aie pris conscience de ton existence qu'il y a 3 jours à peine!!!
Je te considère comme un Ange venu sur Terre pour guider mon tant aimé frère sur le chemin du bonheur... car je sais qu'il honorera sa promesse et trouvera son autre Lukas, bien que nous ne t'oublierons pas...

18/03/06 - 18:39

Et dire que c'est dans ce monde la que l'ont est obligé de vivre...

Je suis touché...

Je pleure...

Mais le fait de prendre la vérité en pleine gueule peut tres certainement nous aider...

Je suis la, nous sommes tous la... Tu peux compter sur nous...

Sincerement...

18/03/06 - 18:51

Je viens de découvrir ton blog. (le fautif c'est celui du dessus-là, faby71, ouéééé je balance sec moi !!!)

Plus sérieusement, j'ai été touché par ce qui t'es arrivé comme bien d'autres qui ont lu ces lignes qui appartiennent à ton histoire. Je ne savais pas trop quoi t'écrire alors je te dirais juste : aies confiance en l'avenir, tu l'as entre tes mains.

22/03/06 - 15:51

23/03/06 - 19:14

no comment... juste un profond respect...

merci à Peio qui a été le relais vers toi...

25/03/06 - 14:33

La vie est injuste...
Souvent on rencontre quelqu'un, avec qui tout va bien, avec lequel on nage dans un bonheur immense... On vit, on est heureux...
Pourtant il arrive un jour, une heure, une minute ou une seconde ou tout bascule... On l'on nous arrache ce que nous avant de plus précieux... On l'ou nous détruit...
Ensuite, on (sur)vit en ayant peur du lendemain, en n'ayant plus aucun repert et en se demandant comment faire pour vivre avec ce creux qui demeure, durant des années, au plus profond de soit même.
On marche main dans la main avec les fantômes de son passé qui ressurgissent souvent lorsque l'on sort la tête du trou, lorqu'on apperçoit une lueur d'espoir...
La vie demeure alors insipide, on se renferme dans un monde peuplé de ces fantômes qui nous hantent.
Puis un jour, sans crier gare, on se surprend à rire, à apprécier les journées ensoleilées et à s'emmerveiller d'une chanson d'amour... Puis pourquoi pas d'un homme...
Tout ce texte pour te dire que ton discours m'a vraiment touché et que je comprends parfaitement ce que tu vis. Je suis de tout coeur avec toi...
Vis, souris, car c'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta vie perdue.
Amicalement,
Lucas :)

28/03/06 - 09:52

J'ai un copain qui se désole de ma volonté de discrétion, et qui voudrait lui aussi qu'on se tienne par la main, qu'on s'embrasse en public et qu'on forme un "couple". Moi, outre que je suis bcp plus agé que lui (j'approche la soixantaine!) j'ai pourtant vécu une époque différente, moins glauque par certains côtés. Mais j'ai déjà été agressé, par au moins huit mecs. Comme je suis costaud, que j'ai fait du karaté (pour apprendre à dompter ma peur des coups) j'ai rendu tout ce que j'ai pu, et même qd j'étais à terre, j'attrapais les pieds d'un des agresseurs pour le faire tomber et me jeter sur lui. Ils ont fini par détaler.
Je pense que dans ces cas de figure, il ne faut pas se défendre, il faut carrément contrattaquer, et le plus méchamment possible. Pas seulement pour soi, mais pour les autres. Ce sont des lâches: ils ne s'attendent pas à une réplique à cette échelle.

28/03/06 - 11:23

un texte qui réveille des souvenirs encore intacts en moi...

tes mots viennent du coeur, et vont aux coeurs...

respect, et courage à toi ;)

jib'

31/03/06 - 09:24

Je suis tombé par hasard sur ce blog il y a quelques semaines, au hasard d'un lien. Simple lecteur, j'étais totalement effondré. Je suis encore sous le choc. Choc de voir à quoi peuvent mener autant d'intolérance, de haine et d'incompréhension. Choc de voir que l'on peut briser des vies en quelques minutes et de façon totalement gratuite.

Lukas a raison. La vie a encore trop de choses à t'apporter. Le plus beau cadeau que tu puisses faire à sa mémoire, c'est montrer que la violence ne mène à rien, que l'on n'abat pas quelqu'un aussi facilement, qu'il n'a pas lutté pour ses convictions pour rien. Que la vie est la plus forte.
Ta tristesse et le sentiment de peur que tu éprouves sont bien naturels. Mais je suis convaincu que tu parviendras à les surmonter et à aller de l'avant, justement en hommage à Lukas. Courage! :-)

04/04/06 - 17:44

courage... que la vie soit douce avec toi.. tu es bien jeune pour avoir autant souffert

07/04/06 - 10:56

ton témoignage est très bouleversantJ'en ai eu les larmes aux yeux en le lisant.je te souhaite sincérement de connaître un avenir heureux car tu le mérites vraiment

09/04/06 - 12:34

Touché en plein coeur...
Ton témoignage me laisse sans voix et nous rappelle que le combat contre l'intolérance et la haine est toujours d'actualité !
Que la vie te soit douce et agréable...

13/04/06 - 20:11

J'ai découvert ce blog grâce à Calvin (apparemment le "bouche à oreille" a de beaux jours devant lui ;D), mais je ne t'ai pas écris tout de suite, ne sachant pas trop comment réagir à ton récit. Je suis un gay sans histoire, mes parents se fichent que je sois homo, mes amis (même s'il ne me l'avoueront pas) trouvent ça cool d'avoir un pote gay, et le seul malheureux à m'avoir un jour traité de sal pédé s'est pris une bonne baffe et surtout la honte de sa vie... Pas vraiment la même expérience que toi donc.

Je suis arrivé à Paris il y a un an pour mes études, et pour payer tout ça je travaille comme surveillant dans un lycée "sensible" (Et c'est moi qui ait choisis !). Comme à ma grande et heureuse surprise le contact est plutôt bien passé avec les élèves, on est devenus suffisamment proches pour que je leur face "la grande annonce", un peu par goût du défi mais surtout (j'avoue) parce que je savais bien que cela me rapporterait encore quelques points de "cool-attitude" auprès d'eux... Et effectivement ils ont trouvé ça génial que je leur raconte ; "un pion qui est pédé" voilà un truc qu'ils trouvaient vraiment "délire"... Mais tous n'ont pas eu cette réaction. L'un d'eux a pris la nouvelle avec beaucoup plus de difficultés. Je me suis entendu dire que ce n'était pas possible, que je me moquais d'eux. Je n'avais pas les cheveux décolorés, je ne m'habillais pas en t-shirt moulant fluo, je n'étais pas maniéré... Ce n'était pas possible ! Et puis sont arrivé des réflections beaucoup plus choquantes : ça devait être dans mes gènes, je devais être malade, mes parents devaient être morts de honte, et si ça devait arriver à quelqu'un dans sa famille il le tuerait...

J'ai éclaté de rire ! Je n'avais jamais été confronté à cela auparavant, et donc je ne savais pas comment réagir. Le rire est arrivé naturellement, ou plutôt nerveusement devrais-je dire, presque pour me rassurer. Puis le débat est arrivé. Beaucoup d'élèves étaient aussi choqués que moi par ce qu'ils avaient entendu. J'ai temporisé en remerciant l'élève pour sa sincérité, que c'était courageux d'assumer ses idées et que c'est ce qui permettait d'ouvrir le débat, d'échanger notre point de vue sur cette question. Peu à peu le dialogue est venus recouvrir les plaies ouvertes par la haine et l'ignorance. On a longuement discuté, puis les élèves en ont discuté entre eux, etc... Les mois ont passé et je croise de temps en temps cet élève qui est toujours mal à l'aise à côté de moi. A-t-il changé d'avis ? Je n'en sais rien, mais j'ai de bons espoirs de croire que c'est le cas. Se sent-il un peu honteux de ce qu'il a dit, ça je le sais mais j'espère que très bientôt cette discussion ne sera plus pour lui qu'un mauvais souvenir, comme c'est déjà le cas pour moi. Alors peut être mon intervention n'aura pas été vaine.

Avec le recul, je comprends que le rire m'a sauvé. Je ne me suis même pas rendu compte des risques que je prenais, et le rire est venu dédramatiser une situation qui aurait put tourner bien pire. Je ne prône pas le militantisme, je n'en ai jamais fait. J'ai toujours assumé mon homosexualité, mais en pensant surtout que ça me rendait plus cool... et tampis pour ceux à qui ça ne plaisait pas ! Et puis je tombe sur des témoignages comme le tien, je plonge un peu plus dans l'horreur, et là je réalise ! Je réalise que tout ça n'est pas aussi anodin que je le croyais, et que l'homophobie ça existe aussi. Comment fermer les yeux après avoir lu ton histoire ? Ton témoignage est bouleversant, dans sa sincérité comme dans sa sobriété, et je te remercie pour tout ça. Merci pour ton courage, merci pour ta générosité, merci merci merci... (Oui j'en rajoute parce que tu en demandes, lol). C'est une histoire très triste, mais elle n'est pas dénuée de sens. Elle donne un sens à ce que font des nigauds dans mon genre, assumer son homosexualité "parce que malgré tout, c'est quand même plutôt cool". Derrière chaque Candide il y a heureusement un Cacambo...

Je te souhaite beaucoup d'amour, plus que tu ne pourrais en souhaiter.

01/05/06 - 12:36

Je suis aussi effondré. Ton témoignage nous rappelle une réalité bien présente, même dans notre pays qui pourtant en moyenne s'éloigne chaque jour de la barbarie humaine. Rien n'est jamais acquis et nos vies ne tiennent qu'à un fil. Si on vit caché, toutes les discriminations passent à la trappe; si on extériorise, cela tourne à la provocation qui attise les pulsions les plus violentes. Dans ce combat pour l'existence, chacun le mène comme il peut: les guerriers comme Lukas et les pacifiques. Restons solidaires pour que les actions, les comportements, l'éducation, les lois, la politique concourrent à nous aider.
Cela n'enlève rien à ton malheur personnel. Continue de vivre heureux rien que pour toi et Lukas.

02/05/06 - 20:28

Tu ecris tres bien.
Bonne route!

07/05/06 - 13:22

tu veut pas que l'on pleure aussi la vie est ainsi faites le mentalités ne chanferons pas et la roue continuera a tourner

12/05/06 - 15:33

bonjour damien cest moi!! tu me reconnais la??:) cest pierre!! qui te parle depuis lontemps jai encore relu ton temoignage a propos de lukas et toi! encore 1 fois jai eu les larmes au yeux pourkoi cest arriver a toi?? cest pas juste je sai combien ton loulou perdu et qui repose en paix tu laimais enormement!!damien aujourdhui il ta confier de la plus haute importance cest refare ta vie redevenir toi meme damien tentendre rire etc..... en tout cas 1 gran bravo pour ton courage ta bravoure et ta generosite!!:)sa me fait plaisir ke je discute avec toi et cest sincere!! aller je tembrasse tres fort!! et a bientot!!:)

13/05/06 - 21:35

Apres avoir lu ton temoignage,
Je te felicite d'avoir eut le courrage de l'ecrire, ca fait tres froid dans le dos de lire ce que tu as marquer
J'aimerais pouvoir me mettre a ta place pour comprendre combien tu es blesser mais c'est impossible, j'ai perdu mon ex mais il est encore vivant mm si g pas d'espoir de le revoir il reste néanmoins vivant il est encrer en moi comme un souvenir mm si je l'aime tjs mais je ne retournerais pas dans ses bras pour autant,
J'espere que tu vas pouvoir respecter ta promesse et de retrouver le bonheur même si c'est tres dur d'etre heureux apres ce que tu as vecu.

23/05/06 - 20:59

perdre l etre que j aime je n arriverais pas a me le dire et surement pas a le vivre tu est plein de courrage et je suis certain que c est pour lukas.j ai le coeur,la tete remplis tristesse je me sent soudain tres mal.je te souhaite bon courrage plein de bonheur car tu le merite et sache que si tu as besoin de quoi que ce soit tu peut compter sur moi.
stephane.

14/06/06 - 00:55

Oui! écrire, pkoi pas....1 façon d'évacuer le "trop plein"!
Tu seras heureux..............tu as ttes les fidélités possibles.........même si ce n'est toi, 1 jr, un autre homme t'aimera et vs vivrez ensemble!
Ce sera ainsi tant qu'il existera des personnes comme toi!
Affectueusement!

20/06/06 - 03:28

J'ai eu une vie tranquille (comme celle de Maxime ; commentaire du 13/04/06) et ton histoire m'a d'autant plus anéanti et m'a donné la rage contre les barbares qui se pavannent de plus en plus dans nos rues. J'ai vécu cette jeunesse complètement hors du placard et sans problème d'identité dans les années 80/90 à Marseille, capitale du machisme, de la beaufitude vulgaire et du crétinisme footeux et pourtant j'ai eu plus de réflexions, attitudes, gestes et même pré-aggressions dans les 3 dernières années que pendant les 25 qui ont prédédées...Bienvenu dans le XXI° siecle. Les intégristes et les barbares militent tous les jours pour leurs tribus, il Faut que nous le fassions pour la notre. Si Lukas est mort pour son activisme ce n'est pas lui qu'il faut blâmer mais le ventre mou de notre société qui préfère ériger le rap en "culture" plutôt qu'avoir le courage de le dénoncer définitivement comme un terrorisme intellectuel qui, avec d'autres phénomènes, est en train de créer des génération de crétins pour qui la violence et la barbarie sont des vertues. Malheureusement le courage de ton ami t'a entrainé dans son malheur. Même si c'est gravé en toi à jamais, il faut que tu en sorte et pour cela il faut en parler, encore et encore. Ton texte, magnifiquement écrit, a déjà eu un effet bénéfique pour toi, j'en suis sûr. Mais n'hésite pas à te faire aider par des pros, associations homo ou de familles de victimes, groupes de parole ou d'écriture et je ne sais quoi d'autre mais surtout par des psys spécialistes des traumas. Tous ces gens connaissent des solutions à l'efficacité prouvée. C'est trop affreux, c'est trop pour toi tout seul. Et même si ce sont des truismes tant pis : le temps adoucit bien des choses et : tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Courage

30/06/06 - 22:58

Je n’ai jamais osé poster sur ton blog, je n’aurais pas su décrire l’horreur du drame que tu as vécu et m’en aller.

Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une personne pleine de joie de vivre, d’humour et de bon sens.

Lukas, victime d’une société qui n’a jamais compris la différence… Mais quelle différence ? N’est ce pas le même sentiment amoureux qui est ancré au plus profond de chacun d’entre nous ? L’Amour est une marque très forte d’affection envers une personne, or une personne est un être humain quelque soit son âge, sa religion ou son sexe.

Lukas est parti sous les coups de la haine, il n’existe pas de mots suffisamment forts pour décrire ce qu’il s’est produit.
Il est parti en laissant son histoire inachevée . Sa quête de faire accepter cette « différence » aux yeux du monde, aussi noble soit elle, l’a emporté.
Il laisse derrière lui une famille et Damien… Dadou, qui, malgré sa douleur toujours aussi forte depuis le drame, a su prendre son courage à deux mains et nous témoigner sa tristesse et sa douleur. Et pour ça on se doit de le remercier, je le remercie, car il a su nous montrer que rien est acquis mais il nous a montré également le courage, le courage de rebondir, de réapprendre à vivre même si c’est pas toujours évident.

Nous avons tous nos propres histoires, mais rien est comparable à la douleur de perdre l’être tant aimé, le perdre à jamais même si je sais qu’il vivra pour toujours dans ton esprit et dans ton cœur. Je sais qu’il nous regarde de là haut et qu’il veille particulièrement sur toi Damien.

Sa disparition n’est pas vaine, tu es là pour nous le prouver. Quand je relis ton histoire, je ne peux m’empêcher de pleurer à tes côtés.
Ce n’est pas sans émotions que j’ai écrit ce message, et j’accompagne Lukas par la pensée, où qu’il soit, dans un monde meilleur j’en suis persuadé.
Quant à toi Dadou, comme tu me le dis : « je ne te lâche plus » et tu peux compter sur moi quoiqu’il advienne, car plus qu’un simple garçon j’ai trouvé un réel ami et pour ça je t’en remercie et te fais un énorme bisous.

01/07/06 - 02:21

Merci pour ce que tu as écrit. Puissent les larmes que nous versons tous à cette lecture être un hommage à ton copain disparu et à ton courage. La douleur ne disparaît jamais et nous accompagne tout au long de notre vie, je souhaite seulement que tu parviennes à l’apprivoiser.

04/07/06 - 00:01

Toujours aussi bouleversant!!
Cette histoire pourrait être un emblème de la peur de la différence qui mène au plus ignoble et inexplicable des gestes : tuer celui qui, en fait, nous ressemble! Mais c'est le propre de l'Homme de se détruire! Rien n'excuse pour autant ce geste qui brise tant de vies. Une seule chose est certaine : Lukas restera très longtemps dans nos esprits. Il sera cette image d'un jeune homme qui n'acceptait pas les gens intolérants. On essaye tous de suivre ses traces aujourd'hui en surmontant les épreuves de la Vie!! Nous possédons un bien précieux qu'est la Vie! Et notre devoir est d'offrir une part de notre vie à Lukas pour l'aider à continuer son chemin avec nous. Pour que l'on se batte tous ensemble. Chaque geste d'Amour sera une bataille de gagner dans cette guerre qui a pour but de mettre l'imbécilité de l'humanité à genoux. Faire que les gens ouvrent les yeux et nous offrent le meilleurs qu'ils ont en eux!!
Damien, avec ce message que tu nous as transmis, tu as déjà accompli une des plus importante chose que tu pouvais faire pour ton Lukas!! Tu lui offres cette possibilité de poursuivre son combat à travers nous!!! Et même si je sais que tu avais des réticences à le voir lutter contre l'homophobie, tous les deux, vous devenez les premiers combattants de cette lutte vers le bonheur et vers un monde plus tolérant.
Alors merci à toi, Damien. Et merci à toi Lukas!!
Je t'embrasse fort...
Même si ça n'a pas l'air je ne suis pas si loin que ça.

Seb

28/07/06 - 22:44

Ton texte m'a fait pleurer.

Je te souhaite le meilleur!

01/08/06 - 00:38

Il m'aura fallu beaucoup de temps pour oser écrire quelques mots tant mon émotion est intense à la lecture, à chaque lecture même de ce message. mes yeux s'emplissent de larmes. ton récit est poignant, je me sens tellement concerné et impliqué dans la scène, j'ai envie de crier NON !... de faire quelque chose, mais il est trop tard. Un ange est mort et un autre est meurtri dans sa chair et son âme à jamais... Très cher Damien, à mon tour je voulais rendre hommage à Lukas, qui restera présent dans nos mémoires et dans nos coeurs grâce à toi, et au courage que tu as eu de nous parler de cet épisode de ta vie, et qui lontemps encore hantera tes jours et tes nuits... quelle injustice ! et que penser de cette société où un tel crime restera impuni et se reproduira certainement dans l'indifférence du plus grand nombre, laissant d'autres âmes meurtries à jamais. Je ne peux pas contenir mon émotion, comment imaginer qu'une créature dite "civilisée" puisse sombrer dans une telle barbarie. que penser de ton récit... comment tourner la page... c'est impossible... personnellement je ne pouvais pas me résoudre à laisser un commentaire : indifférence, dégoût, fatalisme, compassion, soutien amical... rien n'était suffisant face à la douleur que l'on peut ressentir, et le sentiment qu'il y a un être humain derrière ce récit, Toi, qui t'es confié à nous, et qui, d'une certaine façon nous appelle. Il est aisé pour certains de passer à autre chose, d'autres ont envie d'en savoir plus, d'aller plus loin, j'en fais partie. Je me suis senti tellement changé par ton message. Il m'a semblé nécessaire de venir t'en parler, et je suis content d'avoir fait ta connaissance, même si les circonstances ne s'y prètaient pas. Damien, c'est une chance pour nous tous d'avoir croisé le chemin d'une personne comme toi... tu es un ami précieux, tu pourra toujours compter sur moi. On découvre en toi une grande humanité, mais aussi une sensibilité et une force qui te fais surmonter la douleur et vivre coûte que coûte. Tu parviens à retrouver une certaine joie de vivre. Lukas est en toi Damien, tu lui redonne vie par ton amour, cet amour que tu nous fais partager. Tu retrouvera l'amour, comme Lukas le souhaitais. J'espère que tu vivra ta vie intensément comme Lukas te l'a demandé. La personne qui t'aimera, Damien, sera une personne exceptionnelle. Exceptionnelle, car c'est une personne qui aura une grande profondeur d'âme et qui te prendra comme tu es, ou plutôt comme vous êtes, car il y aura toujours l'âme de Lukas en toi, et elle brillera toujours intensément.
Eric

05/08/06 - 11:57

Ton texte est très beau.
Bien affectueusement.

09/08/06 - 01:15

Tu vas trouver ton bonheur Damien, tu le mérites amplement.

07/09/06 - 22:11

Expérience bouleversante, à coup sûr.
Elle l'est (dans une toute autre mesure) à la lecture.
Il faut vivre, comme tu l'as voulu, même après ces épreuves terribles... la rage au ventre (ou au coeur).
Bon voyage à toi !

30/10/06 - 03:57

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28/12/06 - 22:46

j'viens de lire ton histoire en écoutant les musiques que tu as mises sur ton blog, elles donnent une intensité à ton texte qui est bouleversante.

Je te souhaite de trouver le bonheur et vivre pleinement ta vie.

16/10/07 - 01:25

Coucou, de passage sur ton blog au détour d'un clic. Je suis sous le choc de ce récit. Je n'ai pas encore pleuré, mais ca viendra, je le sais. Que dire si ce n'est que je trouve attroce de devoir supporter un telle épreuve. Et quel poids doit reposer sur tes épaules (alors que tu n'y pouvais rien, cela va de soi)!.
Mais si tu m'autorises cette remarque, au temps de la seconde guerre mondiale, les pédés ne s'affichaient pas dans la rue, et on les brûlait déjà dans les chambres à gaz. Alors oui, s'il n'avait pas été sur le devant de la scène, cela ne serait probablement pas arrivé. Mais c'est aussi sûrement ce qui donnait un sens à sa vie. Ce qui est à déplorer, c'est que c'est toi aujourd'hui qui dois vivre avec ce fardeau. Et puis si on doit vivre sa vie en évitant de prendre des risques, est-ca qu'on vit vraiment?
Bon, j'ai conscience que mes paroles ne sont pas forcément les plus réconfortantes et je te présente mes excuses. Ceci dit, les faits remontent à quelques temps maintenant, c'est pour cela que je me suis permis une telle liberté de ton.
Ceci mis à part, je tiens à te dire que je compâtis, même si tu t'en moques probablement (et à raison). Cependant, si ma compassion pouvait t'apporter un petit rien, ce serait déjà beaucoup.
Pour finir, repose toi sur tes amis! Ils ne sont pas là que pour s'amuser. Ils espèrent sûrement que tu les appelles à l'aide quand le moral ne suit pas.
Je te souhaite d'être un jour assez fort pour accepter de te riquer à nouveau dans l'aventure amoureuse (car à quoi rime la vie sinon?)
(^_^)

30/05/08 - 09:14

Merci. Merci de nous rappeler que rien n'est gagné.

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